Dans le bleu de l'absynthe

Prélude d'une vie

le 30/07/2005 à 19h06
Toute histoire a un prélude. la mienne n'échappe pas à la règle... Elle commence une fin d'après-midi neigeuse, il y a un peu plus de 20 ans...

Une chose m'échappe: tant d'études tendent à prouver l'acquisition de la plupart de nos facultés lors de notre prime enfance, alors que nous ne gardons aucun souvenir de cette époque. Tout juste quelques sensations, quelques bribes d'images étiolées de nos premières années...
Alors quans se construit notre mémoire? A quel moment de notre existence prend-on conscience du temps, de son indicible sentence qu'est la mort?

Mon grand frère a 2 ans de plus que moi, encore aujourd'hui il conserve sur moi cette avance vers la fin.

Le temps... le temps a tojours fasciné les Hommes, son inconstance, son mystère... Insondable chose qu'est le Temps... Moi, il m'obsède depuis toujours.. Peur du temps qui passe et de l'espace, peur de la Mort et du poids de mon corps... MA vie.

J'ai aussi un père et une mère. Ils sont jeunes, beaux, ils s'aiment. Oui, mais Papa a sa fierté et des ambitions, alors il part. Un an? Même pas petite fille, 9 mois à peine.
Un téléphone dans l'entrée, avant de partir à l'école. Un soulier vernis dans une main. Allô, Papa? Tu rentres quand? Non, ne pleure pas, tu es grande.. Déjà on me demande de mûrir plus vite que les autres.. Prenez garde! Des fruits trop mûrs pourrissent avant aussi...
Papa, ta vie, ta carrière, Mon drame. Trop jeune? Trop grande!

La cuisine, les tortues, les framboises, les escaliers de pierre, Mimi le cochon d'Inde, le tiroir des croûtons à l'ail, juste derrière moi, quelques souvenirs brumeux... Peut-on appeler ça des souvenirs? Des flashs, des images étiolées au fil de mes printemps...

Il est curieux de constater le peu d'intérêt qu'offrent nos réminiscences d'Enfance. Je voudrais tant me rappeler quelques odeurs, quelques visages, des moments de joie ou de peine, mais mes premiers pas dans cette vie restent un mystère. A défaut de retrouver la mémoire, je fouillerai celles des autres. C'est décidé: je serai archéologue! Aléas de la vie.. L'alchimiste a eu tort. Je n'ai pas de Légende Personnelle, je n'ai que des rêves..

Quelques images sur papier glacé, un anniversaire (lequel?) filmé par un généreux oncle. La famille... Mon Enfer.
Une robe de velours noir made in Maman. Elle est douée ma Moune. Déjà, elle compte plus pour moi que ma propre peau. Et je lui rends, à l'aube de mes 15 ans. Maman, tu m'as donné ce corps, mais il est trop encombrant pour mon âme. Reprends-le, je n'en veux plus, je ne meurs pas, je n'ai plus de corps, quelle liberté....Ne pleure pas, je suis là...
Anticipation, retournons à notre prélude.

On part. La Renault19 embarque la petite famille, le voyage, aucun souvenir. C'est encor loin? Patience, tu es une grande fille maintenant! Pitié pour mon innocence! Je ne suis qu'une enfant, une gamine ce n'est pas patient..
Montignac, mon enfance commence, mes souvenirs se construisent, j'ai 4 ans 1/2...

Oracle

le 30/07/2005 à 21h03
J'ai rêvé d'une nuit aux lumières du jour
J'ai espéré un jour aux couleurs de cette nuit
J'ai savouré ce rêve aux contours de l'aurore
J'ai maudit l'aurore qui tuait ma nuit

(re)-Naissance

le 30/07/2005 à 23h22
Bien, je poursuis l'histoire de ma vie, aussi inintéressante soit-elle pour vous, elle pose la base de mes maux et de mes mots, elle explique le reste, en somme.

Nous sommes en 1989, et ma vie débute. Pas au sens propre bien sûr, mais mes rêves et mes souvenirs commencent là, ma rentrée dans cette école, la première dont j'ai gardé les parfums et les images....
Et première révélation, on me fait sauter une classe, je suis "d'une intelligence supérieure"... Du haut de mes 4 ans, je ne comprends qu'une chose: je vais dans la même école que mon grand frère chéri, la notion d'intelligence m'échappe...

Comment la définir d'ailleurs? On dit qu'un être peut être intelligent sans être cultivé, et vice-versa. Pourtant, beaucoup de gens font la confusion. Et c'est une nouvelle question qui occupe mon esprit. Que caractérise t-on par "intelligence supérieure"? Qu'est-ce-qui permet à des adultes étrangers à mon univers de marginaliser ainsi la petite fille que je suis encore? Pour mes copines, je ne suis pas différente. Pourtant moi, je le sens. J'ai appris à lire seule, la maîtresse me fait faire les exercices des grands, et mes pensées ne sont pas celles d'une si jeune enfant. Je me démarque des autres par ce Quotient intellectuel, un peu trop encombrant. Mais aujourd'hui, à quoi me sert cette anormalité? Qui suis-je sur cette Terre, sinon une petite poussière d'étoile parmis tant d'autres...

J'ai un peu plus de souvenirs de cette période, l'école primaire. J'ai deux grandes amies, Céline et Christèle. Elles sont cousines, moi je suis leur soeur.

Soeur de coeur ou de sang, ou est la différence? Moi, je les aime, évidemment ce n'est pas comme mon propre frère, lui il est mon Dieu, curieuse appellation pour une fervente athée...
L'amitié aussi est une chose étrange, elle se construit au gré des rencontres. Là encore, aucune amitié avant ces 2 filles, un sentiment nouveau que l'on découvre à l'heure de la mémoire.

Lutti, le lapin en peluche qui nous racontait sa vie chaque matin, Mr et mme B, les instits, la poudre de craie qui me faisait éternuer, les jeux à la récré, la sorcière dans le trou... Je m'éveille aux jeux d'enfant, apparemment en tout cas, mais déjà, je suis différente. Un corps de bébé renferme une âme perturbée... Quis suis-je?

Au cours de mon adolescence, les évènements vont se précipiter. Mon anormalité va entraîner ma chute dans le néant de mon inconscient.
Enfant déjà, je m'invente un autre monde. Chaque nuit, seule dans mon lit aux couleurs de Barbie, je revis les heures passées dans la peau d'une autre. Déjà, alors que ces mots ne signifient rien pour moi, je me hais, et souhaite être différente.... I dream...

Religion

le 01/08/2005 à 12h42
Je parlais de mon athéisme, il n'en fut pas toujours ainsi.

C'est à Montignac qu'on essaye de me forger une croyance en Dieu, je commence le catéchisme à l'heure où nos opinions sont directement fondées sur celles des autres. Si Maman le croit, alors c'est que c'est vrai.
J'appelle ça "abuser de la crédulité d'un enfant".
Les catholiques crient à l'hérésie lorsque par malheur j'emploie le terme "secte" pour caractériser leur piété. Et pourtant, où est la véritéble différence si ce n'est la démesure?

Une secte a un gourou et vit marginalisée. Les chrétiens ont des prêtres et un Pape qui prétendent prêcher la bonne parole... On ne peut pas dire que la jeunesse de l'actuel souverain pontif soit un modèle de vertu... Quant à l'isolement, s'il est moins marqué aujourd'hui, c'est grâce à la propagation de cette religion. Revenons quelques centaines d'années en arrière, à l'heure où les chrétiens se cachaient dans des caves avec des sigles et des rites secrets afin d'échapper à leurs persécuteurs... Cela me rappelle vaguement l'usage ds sectes, non?

Evidemment, qui dit secte, pense automatiquement aux sommes d'argent faramineuses perçues par le gourou, et une fois encore, on crie et on s'indigne. Ces pauvres gens dépossédés par un homme sans aucun scrupule... Et moi, une nouvelle fois, je ris doucement. Combien d'entre nous peuvent nier le train de vie du Pape et de ses sénéchaux? D'où lui vient son argent, et qu'en fait-il? Depuis les origines du christianisme, combien de personnes à travers le monde ont déjà abandonné leurs rêves et tout ce qu'ils possédaient pour les bancs des églises et les promesses de rédemption?

L'Eglise prône le célibat, la pauvreté et l'abstinence des prêtres, tandis que les gourous abusent sexuellement de leurs ouailles. Là, on peut parler de divergence, puisque d'une part, on exerce une pression psychologique, et de l'autre physique. Si Jésus a réellement existé, je doute qu'il ait exigé ce genre de sacrifices de ses représentants sur Terre, et je doute aussi de sa propre abstinence lors de sa venue parmis nous. Pour moi, Jésus fut un homme d'une grande intelligence, doté de pouvoirs certains, qu'aujourd'hui on retrouve chez des personnes diabolisées... Ironie!

Je ne remets pas en cause la dangerosité des sectes qui polluent le spiritisme mondial, c'st un fait avéré.
En revanche, je soulève la question du danger de l'Eglise chrétienne.

En revenant aux Evangiles, on constate une unanimité en faveur de la paix et de l'Amour de son prochain. Amusant quand on sait quels genres de guerres ont entraînées ces mêmes paroles...

Comme beaucoup, j'ai lu le best seller de dan Brown, Da Vinci COde. Un excellent roman, passionant et qui soulève de nombreuses questions, dont celle de la descendance de Jésus, ce qui soutient ma thèe.
Je ne prétends pas pouvoir remettre en cause deux millénaires de croyances sur un simple roman et mes convictions, je m'interroge.

A 12 ans, j'ai fait ma communion, je suis allée en pélerinage à Lourdes, mais si ce ne sont les cadeaux de ma famille lors du repas suivant la cérémonie, je ne peux pas dire avoir reçu une quelconque révélation dans ces lieux saints...
Et peu à peu, j'ai cessé le catéchisme, et ;orsque j'ai été convaincu que Dieu m'avait abandonnée, j'ai préféré croire qu'il n'avait jamais existé, et que tout ceci n'était qu'une grande mascarade destinée à tromper les âmes fragiles... La plus grande immposture de l'Histoire...

Un réflexe persiste en moi, mes médailles et ma croix, pourtant deux symboles forts de ce que je renie, mais je ne peux pas m'en passer.

Aujourd'hui, en quoi est-ce-que je crois? Qu'est ce qui me permet d'avoir l'espoir quand je me lève le matin?
Et bien j'ai d'autres convictions, le paranormal, la vie antérieure sans aucun lien avec un Dieu. Et j'apprends à croire en moi, ce n'est pas si mal.
C'est par là que les parents devraient commencer, avant de décider du chemin spirituel de leurs enfants, pauvres victimes de leurs ambitions,. Ils devraient leur enseigner l'art de croire en eux, dans les choses qu'ils pourront accomplir, pas en celles qu'un hypothétique fils de Dieu aurait pu faire il ya des centaines d'années...
Je ris à ma propre ambivalence? Qui sis-je pour donner mon opinion? Je ne suis rien, si, je suis moi....

Premier Amour....

le 01/08/2005 à 22h23
Mon premier amour s'appelle Lionel, il est le meilleur ami de mon frère, pour ma plus grande joie: il vient tous les jours ou presque à la maison! Il est blond aux yeux bleus, et m'a offert un bébé dinosaure en plastique... Si c'est pas romantique.... Et puis un jour, première déception amoureuse: Lionel s'en va, ses parents divorcent et mon coeur se brise. C'est fou, presque 10 ans après, il se sert encore quand je pense à cette histoire, et pourtant à part quelques regards et des sourires équivoques, nous n'avions même pas échangé un baiser. J'aimerais le revoir, savoir ce qu'il est devenu, comme ces dizaines de personnes que j'ai connues...

La Vie nous fait rencontrer tant de personnes différentes, Elle nous fait vivre tant d'histoires, avec chacune d'entre elles, une relation différente se crée. Plus ou moins proche, plus ou moins passionnelle, dans la haine ou l'amour, mais combien d'entre elles continue t-on à voir par la suite? Combien sont importantes à nos yeux? De combien d'entre elles avons-nous des nouvelles 10 ans après? Cela aussi constitue à mes yeux un grand mystère de la Vie. Qui décide la destination de nos pas? Qui a le pouvoir de choisir nos rencontres, nos amis et nos ennemis? J'ai dit que je n'avais aucun Dieu, mais je ne crois pas au destin non plus. Au fond, je suis quelqu'un d'assez compliqué, je crois.

Je grandis, encore. Je passe en sixième, révélation de la nature humaine. Deux clans dans la cour du collège: les intellos et les fortes têtes. Les premiers sont impopulaires, contrairement aux seconds. Ma chance c'est mon frère. Il est une forte tête et accumule les ennuis. Il fume, boit et baise à l'heure où je joue encore aux Barbies. Petite préservation de mon enfance trop tôt évanouie... Sa popularité me vaut la mienne; moindre, certes, mais présente. Et puis il ya ses propres copains, bande de crétins congénitaux, qui sont persuadés que leur salut passe par l'humiliation de son prochain! Mais le Pirate met le drapeau en berne. La tête de mort va peu à peu apparaître. Je ne suis pas celle que vous croyez.
J'avais choisi d'être un clone de lui, salopettes et baggy, look de skateuse alors que je ne tiens pas sur une paire de rollers. Mais un jour, j'en ai assez, assez de ne pas savoir qui je suis. Et je change, me féminise, prends conscience de mon pouvoir de séduction. Je séduis et déçois. Revanche.... Je hais les hommes.
De mes années-collège, il ne me reste pas grand chose, si ce n'est ma passion pour le paranormal, attisée par les épisodes de X-Files chez Céline. On se prend au jeu, et nos balades à vélo n'ont d'autre but que celui de retrouver le meurtrier, peut-être un extra-terrestre? Le sang, au lavoir... Fable ou intuition? jamais je ne le saurai, j'ai abandonné la lutte en même temps que celle pour ma vie.
Je pase mon brevet, il me manque 3 points, mais je révise quand même, il faut que Papa soit fier de moi...
Je l'obtiens, bien sûr, sans aucune surprise, manque d'émotion, manque de joie...
Parfois, je souhaitais être une mauvaise élève, rien que pour le bonheur de voir mes résultats affichés.
Et, peu à peu, mon intelligence devient de plus en plus encombrante, je n'aime plus l'école, mais comment le dire sans froisser mon père? Tant d'espoirs fondés en moi, je suis la tête de la famille. Mickaël est doué pour le dessin il est beau et drôle. Moi, je suis intelligente, très intelligente. Mais c'est tout.

Cette phrase peut passer pour du narcissisme flagrant, il n'en est rien. Je ne retire aucune fierté à être moi. J'aurais préféré être moins intelligente, et plus comme tout le monde. Ne vous méprenez pas, je ne me vante pas. On dit souvent que notre plus grande force est souvent notre plus grande faiblesse, et c'est vrai. Pour moi en tout cas, cette citation prend tout son sens.

J'entre en seconde générale, pour faire comme mes copines, et déjà je regrette. pourtant, je veux toujours être archéologue, mais pas dèjà. je veux voir autre chose, exploiter autre chose que mon cerveau. Mais pour faire plaisir, une nouvelle fois, mon propre désir cède la place à la pression paternelle. Aujourd'hui, il me dit qu'il n'en était rien. Que j'étais libre de faire ce que je voulais. Allons, Papa, soyons réalistes, qu'aurais-tu dit si, à l'époque, je t'avais annoncé que j'abandonnais tout? J'avais 15 ans, à cet âge, on est rien, on ferme sa gueule, muselée telle un chien, à défaut de mots, j'exprime mes maux, et je décide de mourir. Ce n'est pas conscient. Je ne fais pas de TS, mais c'est beaucoup plus vicieux, à la hauteur de mes facultés intellectuelles, n'est-ce-pas? cette maladie est propre aux jeunes filles précoces, paraît-il. Ainsi, Papa, je ne te déçois pas, même dans ma mort.
Adieu mon corps, Bonjour Liberté. Liberté? C'est ce que je croyais, je découvre l'Enfer, la Prison de l'inconscient, je sombre... SOS

Question de couleur...

le 02/08/2005 à 17h10
Je fus une rose, blanche.
Une fleur aux épines afûtées.
Eternel symbole du Féminin sacré,
Ma vie est une bataille sans revanche.

Je regarde mon sang,
Eternel écoulement,
Instant si reposant...
Je prends mon temps.

Je me mue en rose rouge.
Un appel de la douleur,
Servile Altesse de mon malheur,
Constante âme, rien ne bouge.

J'ai froid, peur.
Je sens que je meurs.
Un souffle m'effleure,
Un cri du coeur.

Demain, je serai rose noire,
Sombres pétales de fin de vie!
Mais quelle est cette agonie?
Fin du cauchemar.

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